La Grande Guerre à Montgeron
Le 11 novembre, nous célébrions l’anniversaire de l’armistice de 1918, qui a mis fin à la première Guerre mondiale. Retour sur ces années de guerre vues depuis Montgeron.
"Les oiseaux chantent à Montgeron, mais on entend dans le lointain le canon." Ces propos de Jean-Charles Gatinot, historien local et chroniqueur de la vie à Montgeron au début du siècle dernier, résument bien la façon dont les habitants ont vécu ces quatre années de guerre. Même si la plupart du temps, la réalité des combats ne s’est manifestée que par des passages d’avions ou de soldats, il est arrivé plusieurs fois que la bataille s’approche de Paris. Ce fut notamment le cas en septembre 1914 lors de la première bataille de la Marne, ou encore en juillet 1918 avec la dernière offensive allemande. Le 23 mai 1918, une bombe allemande de 300 kg explose dans le quartier de la Glacière. Au quotidien, c’est l’absence des hommes mobilisés que l’on remarque le plus ainsi que les annonces de décès ou les retours de blessés. Les denrées alimentaires se font plus rares, et des mesures de rationnement sont mises en place. Le pain, le bois et le charbon manquent
La vie s’organise
Le comte Gérard D’Esclaibes d’Hust est le maire de Montgeron depuis 1911. Capitaine de cavalerie, il est rappelé par l’armée en août 1914. Il meurt dès septembre 1914 au cours de la bataille de la Somme. Le conseil municipal se recentre alors sur le deuxième adjoint, Charles Legeay. Puis, à sa mort, Alfred Deguy dirige l’action communale. L’homme fait beaucoup pour Montgeron. Il organise le bureau de bienfaisance pour les familles en difficulté à la suite de la perte au combat d’un mari ou d’un fils. C’est aussi Alfred Deguy qui, pendant cette période, a permis à la ville d’acheter la Pelouse pour en faire une promenade publique.
Tombés au combat
Environ 750 Montgeronnais sont mobilisés. Plus de 150 d’entre-eux ne reviendront pas, tombés sur les champs de bataille de la Marne, de l’Artois, de l’Argonne, de la Somme… Beaucoup d’autres rentrent à Montgeron blessés ou mutilés. Le 11 novembre 1918, l’armistice met fin aux combats. Les derniers prisonniers libérés ne rentreront qu’au début de 1919. Le 16 février de cette même année, le conseil municipal décide la création d’un monument aux morts. Ce premier conflit mondial est une période charnière pour Montgeron. La vie de la ville en sera profondément changée. Pendant la guerre, les femmes ont pris le relais de leurs maris au travail. "Les bureaux de la mairie sont occupés par des femmes", raconte Jean-Charles Gatinot en 1917 dans une lettre à son petit-fils. Après-guerre, les femmes conserveront pour la plupart ces activités professionnelles. Les élections municipales de 1919 offrent à la ville une équipe dirigeante rajeunie. L’essor de Paris dans les années 1920 va favoriser le développement de Montgeron à l’issue de cette guerre.




