« My name is Monsieur MÂLÂ. I’m not a human, I’m a machine. » Les paroles de Storyteller, qui introduisent le premier album de Monsieur MÂLÂ, font office de présentation : le quintet est une machine dont la conception serait empirique et la production organique, capable de nous raconter des histoires au moyen de musiques instrumentales. Ses rouages ont pour noms Nicholas Vella (piano, claviers), Swaéli Mbappé (basse), Yoann Danier (batterie), Robin Antunes (violon, mandoline) et Balthazar Naturel (saxophones, cor anglais). Ces fortes personnalités, dont les complicités sont anciennes, sont tous des leaders ou des sidemen reconnus dans la sphère du jazz et de ses satellites. Leurs bagages techniques, leurs influences cosmopolites et leurs âmes voyageuses touillent une décoction de funk et de rock, de musiques africaines et caribéennes, tout en ingérant les nouvelles tendances urbaines et électroniques. Rien n’est collé ni fusionné, tout circule. Ce sentiment de fluidité prévaut sur un album ne ressemblant à aucun autre, et qui ne pouvait qu’être titré du nom de Monsieur MÂLÂ. Baptisé en référence au chapelet utilisé pour la récitation des mantras, le groupe cherche et atteint la transcendance, en studio comme sur scène où sa réputation remplit les salles. Écriture et improvisation, charisme et interaction, chahut et quiétude, mais aussi groove, liesse, élévation… Dans cette même quête de plénitude, les cinq compositeurs alternent des propositions intimes, en osant exprimer leurs joies ou leurs peines, sublimées par le collectif. Tantôt poignant ou dansant, souvent les deux à la fois, Monsieur MÂLÂ est une machine dont les composants sont tout sauf des robots. Human after all.
Le Carré d'Art, Rue des Bois, Montgeron, France