Directrice juridique du SyAGE, présidente de l’association Arts et Artistes de Montgeron et mère de deux enfants, Nathalie Gil incarne cet équilibre rare entre exigence, créativité et engagement. Trois vies qui dialoguent entre elles, guidées par le goût du collectif et du mouvement.
Au cœur du droit
Trente ans. Une durée qui, dans un parcours professionnel, pourrait évoquer la répétition. Chez Nathalie Gil, elle raconte tout l’inverse. « Je ne me suis jamais ennuyée, et je ne m’ennuie toujours pas », confie-t-elle avec simplicité. Arrivée au SyAGE à la sortie de l’université, pour ce qui devait être un remplacement temporaire, elle s’est peu à peu inscrite dans l’histoire d’une structure en pleine évolution. Juriste, puis responsable, aujourd’hui directrice juridique, elle a grandi avec l’institution, accompagnant ses transformations et ses enjeux croissants.
Ce qui la retient ? La diversité des dossiers, d’abord. « Il y a toujours de nouveaux sujets, de nouvelles problématiques. » Mais aussi une forme d’utilité, profondément ancrée dans les missions du syndicat, liées à l’environnement et au cadre de vie. Manager une équipe de juristes implique pour elle bien plus que superviser. C’est écouter, faire confiance, faire grandir.
« Le fait d’être responsable ne signifie pas qu’on a toujours raison »
affirme-t-elle. Elle revendique un management fondé sur l’échange, où les idées circulent, où les profils se complètent. Le regard d’un jeune juriste y a autant de valeur que l’autonomie d’un collaborateur confirmé.
Exigeante, sans doute. Mais d’une exigence tournée vers le collectif. « Si je suis exigeante, c’est parce que je sais les gens capables. » Une manière de dire que la confiance, chez elle, n’est jamais abstraite.
L’art, un engagement partagé
À côté du droit, il y a l’art. Ou plutôt, une respiration devenue engagement.
« À un moment, je me suis dit : il faut absolument que je reprenne mes crayons. »
Le geste revient, presque instinctif, après des années mises entre parenthèses. L’inscription à l’École municipale d’arts plastiques marque un tournant. La découverte de la peinture, en particulier, ouvre un nouvel espace. « Je me levais la nuit pour peindre », se souvient-elle, sourire dans la voix. Une évidence.
De fil en aiguille, elle découvre l’association Arts et Artistes de Montgeron, qu’elle rejoint d’abord en curieuse, puis en bénévole. Dix ans plus tard, elle en devient la présidente, portée par une équipe et un moment charnière. « Il fallait que quelqu’un prenne le relais. Moi, j’ai bien voulu. » Depuis, elle contribue à insuffler une nouvelle dynamique, sans jamais rompre avec l’esprit initial. Moderniser, oui, mais surtout ouvrir. « Ce qu’on veut, c’est rendre l’art accessible à tous. » Faire tomber les appréhensions, inviter les habitants à entrer, à regarder, à échanger.
Les salons, les expositions, les événements à venir, comme le Marché de l’Art, pour les 80 ans de l’association portent cette ambition. Une convivialité assumée, presque revendiquée.
« On veut que les gens se sentent à l’aise, qu’ils osent pousser la porte. »
Son rôle de présidente ne se vit jamais seule. « L’engagement, il est collectif. » Elle le répète, comme une évidence. Car derrière chaque événement, il y a une équipe, une organisation, des mains qui s’activent. Et une même envie : faire vivre l’art, ici, à Montgeron.
Une vie de famille en équilibre
Dans cet emploi du temps dense, la vie de famille trouve sa place, naturellement. Mère de deux enfants aujourd’hui adultes ou en passe de le devenir, Nathalie Gil a construit un quotidien où chacun apprend à avancer avec autonomie.
« Ils sont très indépendants », dit-elle simplement. Une indépendance qui s’est construite au fil du temps, dans un équilibre entre présence et confiance. Les parcours de ses enfants, entre études supérieures, projets professionnels et aspirations créatives, témoignent d’un environnement ouvert et stimulant. Mais elle ne revendique rien. Elle observe, accompagne, laisse faire. Car au fond, c’est peut-être là que réside sa cohérence : dans cette capacité à mener de front plusieurs engagements sans jamais les opposer. « Il faut savoir compter sur les autres », glisse-t-elle. Une phrase qui vaut pour le travail, pour l’association… et pour la vie.
En 3 dates:
- 1994, entrée au SyAGE
- 2020, prise de direction de l’AAM
- Octobre 2026, célébration des 80 ans de l’association des Arts et Artistes de Montgeron