Pendant près de trente ans, Michèle Juret a consacré son temps et son énergie au musée de Montgeron, à ses collections et aux archives de l’égyptologue Étienne Drioton. Un engagement né d’une rencontre décisive et porté par une curiosité qui ne l’a jamais quittée
Une vocation née au fil de la vie
Rien ne destinait véritablement Michèle Juret à devenir une figure incontournable du patrimoine montgeronnais. Née à Rennes, elle arrive en région parisienne avec sa famille avant de construire sa vie à Montgeron. Longtemps, son quotidien est celui d’une vie simple et bien remplie, jusqu’à ce qu’une passion ancienne pour la culture et l’histoire trouve enfin le chemin de son accomplissement.
À cinquante ans, elle franchit les portes de l’École du Louvre. Une décision qui marque un tournant. Elle y obtient un diplôme d’histoire de l’art avec une spécialisation en égyptologie, poursuit ses études en muséologie puis mène un important travail de recherche pendant plusieurs années.
« Je parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. »,
glisse-t-elle avec un sourire.
Cette soif d’apprendre, loin de s’essouffler avec les années, devient le moteur d’une seconde vie consacrée à la connaissance et à la transmission.
Josèphe Jacquiot, une rencontre déterminante
Lorsqu’elle évoque son parcours, un nom revient immédiatement.
Je dois tout à Josèphe Jacquiot
Fondatrice du musée de Montgeron, ancienne maire de la ville et personnalité intellectuelle reconnue, Josèphe Jacquiot joue un rôle essentiel dans la vie de Michèle Juret. Amie de la famille, elle décèle chez elle un potentiel qu’elle l’encourage à développer.
C’est grâce à son soutien que Michèle Juret rejoint l’École du Louvre. C’est aussi par son intermédiaire qu’elle découvre plus profondément l’univers d’Étienne Drioton, éminent égyptologue et cousin de Josèphe Jacquiot.
Après la disparition de cette dernière, Michèle Juret entreprend un immense travail autour des archives de Drioton. Pendant des années, elle participe à leur sauvegarde, leur classement et leur étude.
Il y avait des papiers partout. Il a fallu des années pour tout trier.
Parallèlement, elle prend progressivement les rênes du musée, dont elle devient la conservatrice. Expositions, acquisitions, recherches : elle contribue à enrichir et faire rayonner un patrimoine dont elle mesure toute la valeur.
Une vie au service de Montgeron
Pendant vingt-sept ans, Michèle Juret accompagne la vie du musée et participe à la préservation de l’histoire locale. Son travail permet de mettre en lumière des collections parfois méconnues et de transmettre aux visiteurs une partie de la richesse culturelle de la Ville.
J’ai vécu des années exceptionnelles.
Aujourd’hui encore, elle poursuit ses recherches et ses travaux d’écriture. Un nouveau projet consacré à Étienne Drioton occupe une partie de son temps, preuve que la passion est intacte.
L’inauguration du square Étienne-Drioton constitue pour elle une belle reconnaissance de la place qu’occupe l’égyptologue dans l’histoire de Montgeron. Une histoire qu’elle s’attache, depuis des décennies, à faire connaître et à transmettre.
Car derrière les archives, les ouvrages et les expositions, il y a avant tout une conviction : celle que la mémoire n’a de sens que lorsqu’elle continue d’être partagée.
En 3 dates
- 50 ans, entrée à l’École du Louvre
- 1998, conservatrice du musée Josèphe-Jacquiot
- 2023, fin de sa mission au musée