Quand la nuit retrouve ses droits

Souvent perçue comme un symbole de modernité et de sécurité, la lumière artificielle n’est pourtant pas sans conséquence sur notre environnement.

À la tombée du jour, un monde discret prend le relais. Chauves-souris, hérissons, papillons de nuit ou encore oiseaux migrateurs évoluent dans un environnement où l’obscurité joue un rôle essentiel. Pour ces espèces, la nuit n’est pas une absence de lumière : elle est un repère, une nécessité, un équilibre. Or, l’extension continue des éclairages artificiels bouleverse ces cycles naturels. Désorientation des oiseaux, raréfaction des insectes nocturnes attirés par les sources lumineuses, perturbation des comportements de chasse ou de reproduction : les effets de la pollution lumineuse sont aujourd’hui largement documentés par les scientifiques. Même les végétaux voient parfois leur développement modifié par une exposition excessive à la lumière.

L’Île-de-France concernée

Selon le Service des données et études statistiques (SDES) du ministère de la Transition écologique, l’Île-de-France est la seule région française dont la totalité du territoire est exposée à un niveau élevé de pollution lumineuse. La forte densité urbaine, les infrastructures de transport et l’intensité de l’activité nocturne contribuent à un halo lumineux permanent qui réduit fortement l’obscurité naturelle. Face à ce constat, les collectivités sont encouragées à mettre en œuvre des politiques de sobriété lumineuse.

Le choix de la Ville et des habitants

Consciente de ces enjeux, la Ville de Montgeron a fait le choix d’agir concrètement pour rendre la nuit à ceux qui en ont besoin, un choix également soutenu par les habitants lors de l’enquête menée par la Ville sur la gestion de l’éclairage. Ainsi, l’éclairage public est interrompu de 1h à 5h du matin dans de nombreux secteurs de la commune. Cela permet de réduire d’environ 45 % le temps annuel d’allumage tout en recréant des périodes d’obscurité favorables à la biodiversité et en limitant les consommations énergétiques.

Baisse de consommation

Cette démarche s’accompagne également d’une modernisation progressive du parc d’éclairage public, qui compte aujourd’hui 3 231 points lumineux, dont plus de 50 % sont désormais équipés de LED. Les anciens candélabres énergivores laissent progressivement place à des luminaires plus performants, conçus pour orienter la lumière exclusivement vers le sol grâce à leur partie supérieure occultée. Leur puissance moyenne est de 66 W contre 136 W pour les lampes sodium qu’ils remplacent, soit une réduction de plus de 50 % de la consommation par point lumineux. Les LED sont également programmées avec un abaissement d’intensité à 40 % en cœur de nuit. Cela permet également de limiter le halo lumineux qui masque progressivement les étoiles dans de nombreuses zones urbaines.

LE SAVIEZ-VOUS ?

En France, de nombreuses espèces vivent la nuit et sont affectées par la pollution lumineuse. Les insectes nocturnes sont attirés par la lumière, ce qui perturbe leur reproduction et la pollinisation, tandis que les chauves-souris évitent les zones trop éclairées. Selon l’ANPCEN, réduire l’éclairage inutile permet de protéger la biodiversité tout en diminuant la consommation d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre.

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