Leader charismatique du groupe de rock Têtes Raides, Christian Olivier cultive l’éclectisme. L’artiste montgeronnais navigue entre sons, images et mots avec la même énergie depuis plus de 40 ans.
Sa musique, Christian Olivier, 61 ans, la vit depuis 1984. Au départ, lui et son groupe Red Ted (le groupe prend le nom de Têtes Raides en 1987) se produisent d’abord dans les cafés de Montgeron et de Vigneux-sur-Seine.
Le 18 avril 1986 marque un tournant : un concert dans la salle des fêtes de Montgeron leur permet de financer leur premier 45 tours. « On a fait 400 entrées payantes en inondant la ville de Montgeron de visuels. Après cette date, le succès est venu progressivement », se souvient le chanteur. Légèrement nostalgique de cette période, il poursuit : « À Montgeron, je suis un citoyen comme un autre.
Pourquoi pas dans le futur refaire une belle soirée dans cette ville que je connais si bien et qui nous a vu débuter ? »
Le succès grandit et le premier disque du groupe « Not dead but bien raides » sort en 1989. Au fur et à mesure des sorties d’albums (« Les Oiseaux » en 1992, « Fleur de yeux » en 1993), le groupe change de style, et sa musique devient plus festive. Les concerts s’agrémentent désormais de trapézistes, de danseurs et de comédiens. En 2000, c’est l’explosion avec « Gratte poil », vendu à 230 mille exemplaires. Après ce carton, le groupe produit six albums supplémentaires et commence à enchaîner les tournées avec parfois plus de 200 dates par an. Il se produit dans des lieux emblématiques de la scène
parisienne comme la Cigale, l’Olympia, le Zénith de Paris ou encore le Bataclan. « On n’a jamais vraiment eu de soutien médiatique. Notre seul soutien médiatique, c’est le public », raconte Christian Olivier.
Un style inclassable
Au fil des années, le groupe passe de six à huit musiciens et forge son identité : une écriture poétique, un style inclassable, une énergie brute. Cuivre, violoncelle, guitare… Têtes Raides mélangent les genres avec liberté. « Au départ, nous étions un groupe de musique punk et électrique, puis notre musique a pris un tournant plus rock et chanson française », rappelle Christian Olivier. Créatif complet, l’artiste a suivi des cours de graphisme à l’école Estienne. Il réalise tous les visuels de Têtes Raides, via le collectif Les Chats Pelés qu’il a cofondé avec Lionel Le Néouanic en 1985.
C’est aussi lui qui rédige les textes et compose pour le groupe. Poète dans l’âme, il puise son inspiration entre autres chez Boris Vian, Desnos ou les surréalistes. « Je trouve que les mots sont aussi forts que les notes. Ils forment un tout avec l’image et le son », explique Christian Olivier. Engagé de longue date dans la défense de l’égalité et des droits fondamentaux, le groupe Têtes Raides porte des textes qui évoquent une réalité parfois difficile. Leurs titres les plus connus sont Ginette qui célèbre les thèmes de liberté et d’évasion ou encore l’Iditenté qui aborde des thèmes de lutte pour l’identité individuelle et les injustices sociales.
La scène comme fil conducteur
Depuis 2016, Christian Olivier mène aussi une carrière solo. Il alterne désormais les concerts en son nom et avec le groupe Têtes Raides. Il a sorti cinq albums solo et a notamment réalisé un spectacle avec Yolande Moreau autour de jacques Prévert. En 2023, il a mis en musique plusieurs poètes russes. L’inspiration semble toujours être au rendez-vous pour l’artiste qui aime travailler sur le rêve et l’imaginaire : « Je m’inspire de ce qui est beau et fait du bien. Ce qui me fait continuer à jouer, c’est de partager nos créations avec le public. La scène est un terrain de jeu singulier. Un concert est quelque chose d’unique : ces moments privilégiés font partie de ma vie.»
Aujourd’hui encore, les concerts de Têtes Raides réunissent toutes les générations. Les fidèles de la première heure côtoient les enfants des fans. Christian Olivier poursuit : « Depuis les années 80, la société a basculé, que ce soit au niveau des nouvelles technologies qui ont tout envahi ou avec les rapports entre les gens qui se sont durcis. Notre but c’est de redonner une énergie, un regard différent et d’apporter de la joie. »
Le groupe ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il est à retrouver au théâtre Déjazet, du 15 au 31 janvier 2026 pour une série de concerts.
Réservations : https://urls.fr/P5_08b