Jeson Plourdeau, génération Olympique

À l’aube, quand l’Accor Arena dort encore, une silhouette fine fend déjà l’air glacé. Jeson Plourdeau a 14 ans, le regard clair et l’élégance précoce de ceux qui ont choisi leur voie très tôt. Dans le silence blanc de la patinoire, il répète inlassablement les mêmes courbes, les mêmes portés, les mêmes séquences. Au bout de la ligne droite, un rêve : une sélection pour les Jeux olympiques d’hiver 2034.

Aux premières heures d’un rêve

À l’âge de cinq ans, sa mère l’a emmené voir Disney on Ice, comme tant d’autres familles en quête d’un moment magique. Mais ce soir-là, quelque chose a basculé. Là où d’autres applaudissaient, Jeson observait. Il ne regardait pas les costumes, il scrutait les lames.

« Je voulais faire comme eux. C’est là où ça a commencé ».

Ce n’était ni une lubie passagère ni un caprice d’enfant. Du club de Viry-Châtillon aux patinoires de Vitry, puis à Bercy où il l’a suivi, Stanislas Etzol est devenu plus qu’un coach : un guide. Avec lui, le jeune montgeronnais apprend que la grâce est aussi une science : chaque porté compte, chaque rotation a ses règles, trois minutes de préparation, huit secondes maximales pour certains éléments, et une synchronisation qui va jusqu’à l’osmose : « Ça fait comme un vrai couple », sourit-il en parlant de sa partenaire. Cette partenaire, Maya Michea, plus jeune d’un an, n’est pas simplement celle qui partage la glace avec lui, elle est sa moitié sur le chemin vers l’excellence.

Adolescence glacée

Réveil à 5h du matin. À 6h30, Jeson est déjà en pleine répétition à l’Accor Arena, à Bercy, où le Club des Français Volants rayonne pour le patinage artistique et la danse sur glace depuis près d’un siècle.

« Je me réveille à 5h. Je m’entraîne jusqu’à midi et après je vais directement à l’école. »

Ce rythme, il le tient depuis le début du collège. Les semaines sont longues, les week-ends rarement synonymes de repos. Les vacances ? Trois semaines sans patiner, parfois. Une coupure nécessaire pour ne pas s’user trop tôt. Ce sport, encore discret en France, exige un engagement total. À cet âge, l’équilibre entre la pression de la performance et la vie d’un collégien est une vraie jonglerie.

« Comme tous les sportifs, parfois on en a marre… mais ça ne m’a jamais traversé l’esprit d’arrêter totalement. »

Vers 2034

Pour l’instant, les compétitions internationales servent à accumuler de l’expérience : entraînements officiels, musique, stress, juges, et cette quête de perfection où chaque détail compte. Mais Jeson ne vise pas seulement les Jeux olympiques : il vise là où on compte vraiment.

« L’ultime, ce serait de faire les JO… et d’avoir une bonne place. Un top 10, ce serait déjà pas mal. »

Dans cette phrase, il y a un rêve d’enfant, certes, mais aussi une ambition lucide. Le regard est fixé loin, vers ces anneaux olympiques qui brillent plus qu’un trophée classique. Entre l’exigence de la glace, la complicité avec Maya et l’accompagnement de Stanislas Etzol, il se forge une trajectoire où la discipline n’est jamais une contrainte, mais une voie vers autre chose, un art de vivre autant qu’une quête sportive. Dans ce voyage, le Club des Français Volants reste également un repère fondamental. Sa famille, montgeronnaise depuis plusieurs générations, l’accompagne et le soutient dans ses ambitions.
Dans le froid matinal de Bercy, Jeson Plourdeau trace des lignes invisibles vers 2034. Sur la glace, rien n’est jamais acquis. Mais certains sillons, à force d’être répétés, finissent par devenir des chemins.

En 3 dates:

  • 2016, première fois sur des patins
  • 22 mars 2026, 5e au Championnat de France
  • 2034, Jeux Olympiques d’hiver
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